Размер шрифта:     
Гарнитура:GeorgiaVerdanaArial
Цвет фона:      
Режим чтения: F11  |  Добавить закладку: Ctrl+D
Следующая страница: Ctrl+→  |  Предыдущая страница: Ctrl+←
Показать все книги автора/авторов: Hugo Victor
 

«Les MisГ©rables Tome I – Fantine», Victor Hugo

Иллюстрация к книге

EN HOMMAGE À NOTRE AMI GUY QUI NOUS A QUITTÉS LE 30 JUIN 2004.

Tes amis du groupe qui pensent Г  toi.

 

Livre premier – Un juste

Chapitre I Monsieur Myriel [?]

En 1815, M. Charles-François-Bienvenu Myriel était évêque de Digne. C'était un vieillard d'environ soixante-quinze ans; il occupait le siège de Digne depuis 1806.

 

Quoique ce détail ne touche en aucune manière au fond même de ce que nous avons à raconter, il n'est peut-être pas inutile, ne fût-ce que pour être exact en tout, d'indiquer ici les bruits et les propos qui avaient couru sur son compte au moment où il était arrivé dans le diocèse. Vrai ou faux, ce qu'on dit des hommes tient souvent autant de place dans leur vie et surtout dans leur destinée que ce qu'ils font. M. Myriel était fils d'un conseiller au parlement d'Aix; noblesse de robe. On contait de lui que son père, le réservant pour hériter de sa charge, l'avait marié de fort bonne heure, à dix-huit ou vingt ans, suivant un usage assez répandu dans les familles parlementaires. Charles Myriel, nonobstant ce mariage, avait, disait-on, beaucoup fait parler de lui. Il était bien fait de sa personne, quoique d'assez petite taille, élégant, gracieux, spirituel; toute la première partie de sa vie avait été donnée au monde et aux galanteries. La révolution survint, les événements se précipitèrent, les familles parlementaires décimées, chassées, traquées, se dispersèrent. M. Charles Myriel, dès les premiers jours de la révolution, émigra en Italie. Sa femme y mourut d'une maladie de poitrine dont elle était atteinte depuis longtemps. Ils n'avaient point d'enfants. Que se passa-t-il ensuite dans la destinée de M. Myriel? L'écroulement de l'ancienne société française, la chute de sa propre famille, les tragiques spectacles de 93, plus effrayants encore peut-être pour les émigrés qui les voyaient de loin avec le grossissement de l'épouvante, firent-ils germer en lui des idées de renoncement et de solitude? Fut-il, au milieu d'une de ces distractions et de ces affections qui occupaient sa vie, subitement atteint d'un de ces coups mystérieux et terribles qui viennent quelquefois renverser, en le frappant au cœur, l'homme que les catastrophes publiques n'ébranleraient pas en le frappant dans son existence et dans sa fortune? Nul n'aurait pu le dire; tout ce qu'on savait, c'est que, lorsqu'il revint d'Italie, il était prêtre.

 

En 1804, M. Myriel Г©tait curГ© de Brignolles. Il Г©tait dГ©jГ  vieux, et vivait dans une retraite profonde.

 

Vers l'Г©poque du couronnement, une petite affaire de sa cure, on ne sait plus trop quoi, l'amena Г  Paris. Entre autres personnes puissantes, il alla solliciter pour ses paroissiens M. le cardinal Fesch. Un jour que l'empereur Г©tait venu faire visite Г  son oncle, le digne curГ©, qui attendait dans l'antichambre, se trouva sur le passage de sa majestГ©. NapolГ©on, se voyant regardГ© avec une certaine curiositГ© par ce vieillard, se retourna, et dit brusquement:

 

– Quel est ce bonhomme qui me regarde?

 

– Sire, dit M. Myriel, vous regardez un bonhomme, et moi je regarde un grand homme. Chacun de nous peut profiter.

 

L'empereur, le soir mГЄme, demanda au cardinal le nom de ce curГ©, et quelque temps aprГЁs M. Myriel fut tout surpris d'apprendre qu'il Г©tait nommГ© Г©vГЄque de Digne.

 

Qu'y avait-il de vrai, du reste, dans les rГ©cits qu'on faisait sur la premiГЁre partie de la vie de M. Myriel? Personne ne le savait. Peu de familles avaient connu la famille Myriel avant la rГ©volution.

 

M. Myriel devait subir le sort de tout nouveau venu dans une petite ville oГ№ il y a beaucoup de bouches qui parlent et fort peu de tГЄtes qui pensent. Il devait le subir, quoiqu'il fГ»t Г©vГЄque et parce qu'il Г©tait Г©vГЄque. Mais, aprГЁs tout, les propos auxquels on mГЄlait son nom n'Г©taient peut-ГЄtre que des propos; du bruit, des mots, des paroles; moins que des paroles, des palabres, comme dit l'Г©nergique langue du midi.

 

Quoi qu'il en fГ»t, aprГЁs neuf ans d'Г©piscopat et de rГ©sidence Г  Digne, tous ces racontages, sujets de conversation qui occupent dans le premier moment les petites villes et les petites gens, Г©taient tombГ©s dans un oubli profond. Personne n'eГ»t osГ© en parler, personne n'eГ»t mГЄme osГ© s'en souvenir.

 

M. Myriel Г©tait arrivГ© Г  Digne accompagnГ© d'une vieille fille, mademoiselle Baptistine, qui Г©tait sa sЕ“ur et qui avait dix ans de moins que lui.

 

Ils avaient pour tout domestique une servante du mГЄme Гўge que mademoiselle Baptistine, et appelГ©e madame Magloire, laquelle, aprГЁs avoir Г©tГ© la servante de M. le CurГ©, prenait maintenant le double titre de femme de chambre de mademoiselle et femme de charge de monseigneur.

 

Mademoiselle Baptistine Г©tait une personne longue, pГўle, mince, douce; elle rГ©alisait l'idГ©al de ce qu'exprime le mot В«respectableВ»; car il semble qu'il soit nГ©cessaire qu'une femme soit mГЁre pour ГЄtre vГ©nГ©rable. Elle n'avait jamais Г©tГ© jolie; toute sa vie, qui n'avait Г©tГ© qu'une suite de saintes Е“uvres, avait fini par mettre sur elle une sorte de blancheur et de clartГ©; et, en vieillissant, elle avait gagnГ© ce qu'on pourrait appeler la beautГ© de la bontГ©. Ce qui avait Г©tГ© de la maigreur dans sa jeunesse Г©tait devenu, dans sa maturitГ©, de la transparence; et cette diaphanГ©itГ© laissait voir l'ange. C'Г©tait une Гўme plus encore que ce n'Г©tait une vierge. Sa personne semblait faite d'ombre; Г  peine assez de corps pour qu'il y eГ»t lГ  un sexe; un peu de matiГЁre contenant une lueur; de grands yeux toujours baissГ©s; un prГ©texte pour qu'une Гўme reste sur la terre.

 

Madame Magloire Г©tait une petite vieille, blanche, grasse, replГЁte, affairГ©e, toujours haletante, Г  cause de son activitГ© d'abord, ensuite Г  cause d'un asthme.

 

ГЂ son arrivГ©e, on installa M. Myriel en son palais Г©piscopal avec les honneurs voulus par les dГ©crets impГ©riaux qui classent l'Г©vГЄque immГ©diatement aprГЁs le marГ©chal de camp. Le maire et le prГ©sident lui firent la premiГЁre visite, et lui de son cГґtГ© fit la premiГЁre visite au gГ©nГ©ral et au prГ©fet.

 

L'installation terminГ©e, la ville attendit son Г©vГЄque Г  l'Е“uvre.

Chapitre II Monsieur Myriel devient monseigneur Bienvenu

Le palais Г©piscopal de Digne Г©tait attenant Г  l'hГґpital.

 


Еще несколько книг в жанре «Классическая проза»

Пауки и мухи, Адольфо Биой Касарес Читать →

Высший дар, Адольфо Биой Касарес Читать →

Признания волка, Адольфо Биой Касарес Читать →