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«Les Pardaillan – Livre III – La Fausta», Michel ZГ©vaco

Иллюстрация к книге

24 juin 1903 – 16 mars 1904 – La Petite République socialiste

1908 – Fayard, Le Livre populaire

PROLOGUE

Décor: une nuit de printemps parfumée, mystérieuse et pure. Le parvis Notre-Dame. La cathédrale accroupie dans l’ombre comme un sphinx titanesque, et à l’autre bout, un seigneurial hôtel à façade sévère.

 

Au balcon gothique, sous la caresse des clartГ©s astrales, une blanche apparition de charme et de grГўce, pareille Г  une vierge vaporeuse dГ©tachГ©e du vitrail.

 

Palpitante et radieuse, elle suit des yeux dans l’obscurité bleuâtre un élégant et fier gentilhomme qui s’éloigne.

 

Cette jeune fille, c’est Léonore, l’unique enfant du baron de Montaigues: l’ange de pitié finale qui, depuis la tragique journée de la Saint-Barthélemy où le vieux huguenot fut supplicié – aveuglé des deux yeux! – lui prodigue d’inépuisables consolations.

 

Et ce seigneur à qui elle jette l’adieu passionné de ces baisers, c’est le fastueux et noble duc Jean de Kervilliers:

 

Son amant!

 

Lentement, à regret, lorsqu’il a disparu, elle rentre, ferme le balcon, et, dans cette chambre où ses rendez-vous nocturnes s’écoulent aussi rapides que les irréelles minutes d’un songe éblouissant, elle évoque le dernier épisode de son amour: il y a une heure, ici même, suspendue au cou de Jean, elle a murmuré le plus émouvant et le plus redoutable des aveux… Elle va être mère!

 

Comme elle a tremblé alors! car le baron de Montaigues, l’aveugle, qui, à ce moment, dormait si paisible et confiant, ce père qu’elle adore, quelle serait son agonie de honte! Que ferait-il s’il apprenait…

 

Léonore a entrevu des catastrophes…

 

À son premier mot, Kervilliers est devenu livide… de bonheur sans doute; car il l’a enlacée d’une plus ardente étreinte et a balbutié de formelles assurances; le vieillard ne saura pas. La faute réparée à temps sera ignorée de tous. Demain, lui, Jean, parlera! Demain, elle sera sa fiancée! Dans peu de jours, sa femme!

 

Voilà ce qui vient de se passer. Et maintenant qu’elle est seule dans ce réduit d’amour tout plein des souvenirs de l’amant, Léonore resplendit de félicité.

 

Elle est sûre de Jean comme on l’est du soleil qui rayonne. Son sein se gonfle, son front s’alourdit d’extase. Et ne sachant à qui confier le trop-plein de ce bonheur qui déborde, elle le redit au cher petit qui dans quelques mois viendra au monde. Et elle sourit à l’avenir, à demain, à cet ineffable demain, qui…

 

Tout à coup, un fracas retentit! Une vitre du balcon a sauté, une pierre enveloppée d’un papier roule sur le tapis!

 

Léonore demeure d’abord immobile de stupeur et d’effroi… Puis, elle se rassure.

 

Ce papier, alors, la fascine et l’attire. Un billet! Oh! Elle ne le lira pas! Elle le rejettera aux ténèbres d’où il vient! Elle se baisse, le saisit, hésite et…

 

Elle le déplie: C’en est fait, d’un trait elle l’a parcouru! Alors, elle pâlit.

 

Le papier tombe de ses mains glacées, son regard se voile, son cœur se serre, une plainte d’infinie détresse expire sur ses lèvres. Qu’a-t-elle lu?… Voici:

 

«Monseigneur l’évêque prince Farnèse, qui demain célébrera la Pâque dans Notre-Dame, est le seul qui puisse vous dire pourquoi Jean, duc de Kervilliers, ne vous épousera jamais… jamais!»

 

Qui a jeté la pierre? Un jaloux d’amour? Un ennemi de race? Simplement un envieux? Qu’importe! Le délateur est ici un comparse, un de ces êtres obscurs qui rampent et font un geste que nul ne voit. Seulement, le geste sème la mort…

 


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