Размер шрифта:     
Гарнитура:GeorgiaVerdanaArial
Цвет фона:      
Режим чтения: F11  |  Добавить закладку: Ctrl+D
Следующая страница: Ctrl+→  |  Предыдущая страница: Ctrl+←
Показать все книги автора/авторов: Houellebecq Michel
 

«La Poursuite Du Bonheur», Michel Houellebecq

poГЁmesИллюстрация к книге

I

HYPERMARCHÉ – NOVEMBRE

  • D'abord j'ai trГ©buchГ© dans un congГ©lateur.
  • Je me suis mis Г  pleurer et j'avais un peu peur.
  • Quelqu'un a grommelГ© que je cassais l'ambiance;
  • Pour avoir l'air normal j'ai repris mon avance.
  • Des banlieusards sapГ©s et au regard brutal
  • Se croisaient lentement prГЁs des eaux minГ©rales.
  • Une rumeur de cirque et de demi-dГ©bauche
  • Montait des rayonnages. Ma dГ©marche Г©tait gauche.
  • Je me suis Г©croulГ© au rayon des fromages;
  • Il y avait deux vieilles dames qui portaient des sardines.
  • La premiГЁre se retourne et dit Г  sa voisine:
  • В«C'est bien triste, quand mГЄme, un garГ§on de cet Гўge.В»
  • Et puis j'ai vu des pieds circonspects et trГЁs larges;
  • Il y avait un vendeur qui prenait des mesures.
  • Beaucoup semblaient surpris par mes nouvelles chaussures;
  • Pour la derniГЁre fois j'Г©tais un peu en marge.

NON RÉCONCILIÉ

  • Mon pГЁre Г©tait un con solitaire et barbare.
  • Ivre de dГ©ception, seul devant sa tГ©lГ©,
  • Il ruminait des plans fragiles et trГЁs bizarres,
  • Sa grande joie Г©tant de les voir capoter.
  • Il m'a toujours traitГ© comme un rat qu'on pourchasse;
  • La simple idГ©e d'un fils, je crois, le rГ©vulsait.
  • Il ne supportait pas qu'un jour je le dГ©passe,
  • Juste en restant vivant alors qu'il crГЁverait.
  • Il mourut en avril, gГ©missant et perplexe;
  • Son regard trahissait une infinie colГЁre.
  • Toutes les trois minutes il insultait ma mГЁre,
  • Critiquait le printemps, ricanait sur le sexe.
  • A la fin, juste avant l'agonie terminale,
  • Un bref apaisement parcourut sa poitrine.
  • Il sourit en disant: В«Je baigne dans mon urineВ»,
  • Et puis il s'Г©teignit avec un lГ©ger rГўle.

JIM

  • Tant que tu n'es pas lГ , je t'attends, je t'espГЁre;
  • C'est une traversГ©e blanche et sans oxygГЁne.
  • Les passants Г©garГ©s sont bizarrement verts;
  • Au fond de l'autobus je sens craquer mes veines.
  • Un ami de toujours m'indique l'arrГЄt SГ©gur.
  • C'est un trГЁs bon garГ§on, il connaГ®t mes problГЁmes;
  • Je descends je vois Jim; il descend de voiture,
  • Il porte Г  son blouson je ne sais quel emblГЁme.
  • Parfois Jim est mГ©chant, il attend que j'aie mal.
  • Je saigne sans effort; l'auto-radio fredonne.
  • Puis Jim sort ses outils; il n'y a plus personne,
  • Le boulevard est dГ©sert. Pas besoin d'hГґpital.

J'ai peur de tous ces gens…

  • J'ai peur de tous ces gens raisonnables et soumis
  • Qui voudraient me priver de mes amphГ©tamines.
  • Pourquoi vouloir m'Гґter mes derniГЁres amies?
  • Mon corps est fatiguГ© et ma vie presque en ruine.
  • Souvent les mГ©decins, ces pustules noircies,
  • Fatiguent mon cerveau de sentences uniformes;
  • Je vis ou je survis trГЁs en dehors des normes;
  • Je m'en fous. Et mon but n'est pas dans cette vie.
  • Quelquefois le matin je sursaute et je crie.
  • C'est rapide c'est trГЁs bref mais lГ  j'ai vraiment mal;
  • Je m'en fous et j'emmerde la protection sociale.
  • Le soir je relis Kant, je suis seul dans mon lit.
  • Je pense Г  ma journГ©e, c'est trГЁs chirurgical;
  • Je m'en fous. Je reviens vers le point initial.

Mon corps est comme un sac…

  • Mon corps est comme un sac traversГ© de fils rouges
  • Il fait noir dans la chambre, mon Е“il luit faiblement
  • J'ai peur de me lever, au fond de moi je sens
  • Quelque chose de mou, de mГ©chant, et qui bouge.
  • Cela fait des annГ©es que je hais cette viande
  • Qui recouvre mes os. La couche est adipeuse,
  • Sensible Г  la douleur, lГ©gГЁrement spongieuse.
  • Un peu plus bas il y a un organe qui bande.
  • Je te hais, JГ©sus-Christ, qui m'a donnГ© un corps
  • Les amitiГ©s s'effacent, tout s'enfuit, tout va vite,
  • Les annГ©es glissent et passent et rien ne ressuscite
  • Je n'ai pas envie de vivre et j'ai peur de la mort.

UNE VIE, PETITE

  • Je me suis senti vieux peu aprГЁs ma naissance;
  • Les autres se battaient, dГ©siraient, soupiraient;
  • Je ne sentais en moi qu'un informe regret.
  • Je n'ai jamais rien eu qui ressemble Г  l'enfance.
  • Au fond de certains bois, sur un tapis de mousse,
  • Des troncs d'arbre Г©cЕ“urants survivent Г  leurs feuilles.
  • Autour d'eux se dГ©veloppe une atmosphГЁre de deuil;
  • Leur peau est sale et noire, des champignons y poussent.
  • Je n'ai jamais servi Г  rien ni Г  quiconque;
  • C'est dommage. On vit mal quand on vit pour soi-mГЄme.
  • Le moindre mouvement constitue un problГЁme,
  • On se sent malheureux et cependant quelconque.
  • On se meut vaguement, comme un animalcule;
  • On n'est presque plus rien, et pourtant qu'est-ce qu'on souffre!
  • On transporte avec soi une espГЁce de gouffre
  • Portatif et mesquin, vaguement ridicule.

    Еще несколько книг в жанре «Поэзия»

    Лирика, Афанасий Фет Читать →